« L'une des choses les plus difficiles que j'aie faites mentalement, c'est de prendre du recul et de me demander où cela va me mener. Si je suis frustrée, quelles sont mes options ? Je peux abandonner, ce que je n'avais pas l'intention de faire, ou je peux continuer à nager. Et le pire qui puisse arriver, c'est de nager plus longtemps. Dans cet état d'esprit, on est tellement concentré qu'on n'a que deux ou trois choix à faire, et on en choisit un, tout simplement. C'est ce que j'aime dans la nage en eau libre, car au final, le choix se résume à une décision très simple et très ciblée. Et c'est un vrai soulagement pour moi. Dans la vie de tous les jours, c'est beaucoup plus complexe, mais en nage en eau libre, il suffit d'être concentré et d'avoir quelques options. » - Li Ling Yung
« J'étais épuisée physiquement, c'est certain, mais grâce à mon expérience, je savais gérer mon effort. J'ai passé une journée plutôt agréable et calme dans la Manche. Cela m'a permis d'économiser un peu d'énergie, mais pour moi, le plus dur, c'était le mental. On commence à se poser des questions : « Et si je n'y arrive pas ? » Après une si longue traversée, on a tendance à oublier que la plupart des gens n'atteignent pas le cap. La plupart traversent le courant et finissent par accoster sur la plage. À ce moment-là, j'étais épuisée mentalement et physiquement, et je me suis dit : "C'est fini, je n'y arriverai pas", alors qu'en réalité, la plupart des traversées réussies se terminent ainsi. C'était un véritable test pour voir comment mon mental allait réagir dans une telle situation. Physiquement, mon corps allait-il tenir le coup ? Comment allais-je réagir dans une situation aussi difficile et critique, tant physiquement que mentalement ? C'était une façon intéressante de découvrir mes limites. » - Li Ling Yung
« L'option de repli aurait été de monter à bord et d'abandonner, mais je n'allais pas le faire car j'étais allée si loin. Le pire qui puisse arriver, outre le fait de ne pas terminer, c'est de devoir nager encore un peu. Alors, j'ai continué. Heureusement, j'ai réussi à traverser ces courants très forts car je nageais pendant ce qu'on appelle une marée de vives-eaux, où les courants sont puissants. Les fenêtres de nage optimales se situent en fait lors des marées douces, où le courant est plus faible. Cette fois-ci, le courant était si fort que l'on sentait un énorme volume d'eau nous emporter sur le côté. C'est pourquoi il faut essayer de le traverser. Et oui, j'ai donc nagé très fort. C'était intéressant car je pensais connaître mes limites, mais il s'est avéré que je pouvais encore nager fort à la fin d'une très longue traversée. C'est donc intéressant de tester ses limites mentales et physiques. » - Li Ling Yung
Dans cet épisode, Jeremy Au parle de son expérience en tant que première femme d'Asie du Sud-Est à avoir traversé la Manche à la nage (13 heures, 34 km de marées) et de son parcours d'enfance.
Mots-clés : Li Ling Yung, première femme d’Asie du Sud-Est à traverser la Manche à la nage, 13 heures, 34 km, marées, voyage d’enfance, Singapour, femmes, histoire de fondatrice